Le rôle de chacun dans l’éducation guinéenne

Dans l’éducation guinéenne, on a souvent tous souvent tendance à estimer que tout se passe bien si l’élève a de bonnes notes, la valeur intrinsèque n’est pas trop remise en question quand les notes sont bonnes, même si ces dernières sont surprenantes quelques fois. Quand tout se passe bien, on se pose peu de question comme d’habitude, mais au contraire si les résultats ne sont pas à la hauteur de ceux attendus, des questions, des doutes sont émis sur la responsabilité de chacun dans l’échec ou la contre-performance de l’élève, les parents pointant du doigt le mauvais travail des instituteurs et inversement.

Après tout s’il y a une règle qui, pour moi doit être suivie avec la plus grande précaution, c’est bien celle de l’équilibre famille-école-Etat : les parents, les instituteurs et l’Etat doivent travailler ensemble pour la réussite scolaire de l’élève, à partir du moment où une de ces 3 parties échoue dans ses responsabilités, les risques d’échec deviennent accrus, il faut garder un équilibre entre ces 3 institutions.

Le conflit parents – instituteurs :

Pour la plupart des parents, envoyer leurs enfants à l’école les soulage d’une partie de leur travail éducatif. Ils supposent qu’une fois que l’enfant est scolarisé, son instituteur va s’occuper de son éducation. Certains parents vont même jusqu’à se dire que les enfants passent beaucoup de temps à l’école, du coup ils ont le droit de s’amuser, ou faire des petites corvées une fois à la maison, mais en aucun cas ils ne contrôlent les devoirs ou s’assurent que les enfants suivent bien les cours, ils estiment que ce n’est pas leur travail, mais celui des instituteurs.

La base de ce conflit se voit nettement en situation d’échec scolaire, les parents tiennent les instituteurs de responsables de l’échec de leurs enfants en n’ayant pas su les éduquer et les former proprement, de l’autre côté les instituteurs accusent les parents de ne pas veiller à ce que les enfants fassent leurs devoirs, leur rendant mauvais élèves et fainéants.

Le rôle des parents :

Il est certes vrai que l’école parfait l’éducation de l’enfant, mais comme pour tout ce qui existe, il y a un début, il y a une base, et pour tout ce qui peut être enseigné à l’école, la base de son assimilation reste au niveau de l’éducation qu’on reçoit à la maison. A l’école on enseigne et on instruit beaucoup plus qu’on n’éduque, à la maison on inculque l’éducation beaucoup plus qu’on n’instruit.

Par exemple pour être un bon élève il y a des prédispositions qu’on doit acquérir, être sage, les formules de politesses (salutations, remerciements…), écouter et assimiler ce qu’on nous dit, être correct et ponctuel, respectueux envers ses instituteurs et ses pairs, faire preuve de solidarité, être organisé, faire ses devoirs, bien apprendre et réviser, maitriser certains codes de propreté, se laver avant d’aller en cours, ne pas jeter les ordures par terre. Bref voilà quelques valeurs importantes entre autres qui prédisposent l’élève à bien apprendre, et ce n’est pas aux instituteurs de s’en occuper, les parents doivent s’investir aussi dans l’éducation de leurs enfants pour faire en sorte qu’ils soient à mêmes d’apprendre les cours dans les meilleures conditions.

Le rôle des instituteurs :

Les instituteurs quant à eux aident l’enfant à développer ses facultés intellectuelles, apprendre à compter, lire, écrire, réfléchir. Bref à l’école, l’enfant s’ouvre à un autre univers, un autre monde, une autre expérience sociale, apprendre des tas de choses qui ne seraient pas possibles d’apprendre en famille. A l’école, les instituteurs forment les élèves à réfléchir sur la vie, et sur leurs conditions, la culture à travers l’histoire et la géographie, le corps à travers la science, et la logique à travers les calculs mathématiques… A l’école on apprend comment utiliser ses compétences pour se rendre utile à la société, et pour construire sa vie, pour tracer son propre chemin.

Le rôle de l’Etat :

L’Etat veille à donner un cadre d’étude aux instituteurs et aux élèves, en fournissant un programme général d’enseignement respecté sur tout le territoire, mais aussi en construisant les infrastructures qu’il faut pour pallier aux besoins du système éducatif. L’Etat doit s’impliquer à sa manière dans l’éducation en établissant des standards en termes de qualité d’éducation, en définissant une politique d’éducation adaptée aux réalités du pays, en relevant les besoins de la nation, et en adaptant les programmes d’enseignements à ces besoins, le bénéfice sera d’avoir des jeunes préparés à affronter nos réalités politiques et sociales dans l’intérêt commun.

La règle de l’équilibre perd de tout son sens si une de ces trois institutions manque à son engagement, et ses responsabilités. En Guinée nous constatons des manquements au niveau des ces trois parties, il faut rétablir cet équilibre pour pouvoir entrevoir un bel avenir pour notre éducation. Toutes les strates de notre société doivent réinterroger leur engagement envers l’éducation de nos enfants pour pouvoir remonter la pente.

Crédit photo: just insight

Elhadj Ousmane Diallo

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