République de Guinée : Entre conscience politique et manipulation de masse

La Guinée est connue pour être un pays aux ressources incroyables, qu’il s’agisse du sol, du sous-sol, et même au niveau de la population par sa grande diversité ethnique, les potentialités sont énormes sur tout le travail qu’il y a à faire.

Dans ce petit article, c’est beaucoup plus l’aspect humain qui nous intéresse. Dans les années 2010, le pays a assisté à une nouvelle vague politique beaucoup plus marquée par des idéologies ethnocentrées, et individualistes que celles allant vers l’intérêt de toute une nation. Bien qu’elle soit probablement connue de tous, il serait tout de même important de mettre en évidence cette logique : Un pays politiquement immature composé de multitudes d’ethnies qui subissent des propagandes ethnocentristes est inévitablement conduit vers une déchirure de la société, et des tensions sociales ethniques sans précédent. On se souvient de l’affrontement entre malinkés et guerzés à N’zérékoré, entre soussous et peulhs à Kindia, entre malinkés et peulhs un peu à travers tout le pays pour citer que ceux-là.

Cette haine viscérale qui est entrain de s’installer en chacun de nous, peut être mise sur le compte de l’immaturité de la conscience collective des guinéens, mais aussi des politiques qui cherchent sans aucun doute à asseoir leur domination, leur influence à travers ces pratiques sournoises et dégoutantes.

Culte du pouvoir

Force est de constater que, non seulement notre culture et nos traditions nous suggèrent une certaine passivité vis-à-vis de la gérontocratie, mais aussi elles nous obligent à ne jamais mettre en doute ce que les anciens pensent car « les anciens ont toujours raison sur les jeunes ». Depuis la nuit des temps, cette conception de « sagesse suprême » est appliquée dans la notion du pouvoir en ce qui concerne la royauté en Afrique. Force est de constater que ce mode de pensée est toujours aussi dominant dans notre conscience collective, de l’époque de la monarchie à celui de la république, il nous influence beaucoup plus que nous ne voulions l’admettre. En Guinée, on entend souvent les gens dire « Il est président, c’est Dieu qui la voulu et nommé. » Cette expression en soi dit long sur notre conception. Les personnes occupant une position dominante ont alors plus de facilité à véhiculer leur idéologies (bonnes ou mauvaises), et la population qui est naïve avale tout en ne remettant pas en question les décisions. Rapidement la haine des politiciens devient celle de la population, leurs politiques ethnocentrées peut alors s’exprimer librement sans forme de questionnement sur sa légitimité, ni son but.

Un régime Totalitaire

La population guinéenne est comme une population qui est enfermée dans une institution totalitaire, on sait que les institutions totalitaires nous coupent du monde extérieur, nous maintiennent tous dans les mêmes conditions (la prison, les complexes psychiatriques…), et nous dépersonnalisent petit à petit. Cette situation me fait penser à celle de la Guinée. Les guinéens ont tellement été enfermé dans ce cercle de pauvreté qu’ils n’arrivent pas à voir plus loin que leur ventre. Le rôle de l’Etat n’est pas à minimiser puisqu’ils sont les responsables, maintenir dans le peuple dans le besoin, c’est de s’assurer de les corrompre pour garantir leur docilité sur le plan financier. Sur le plan humain ils nous ont privé de tout espoir, en nous dépersonnalisant, en nous dépouillant de l’idée de qui on est vraiment, le guinéen a du mal à s’identifier par rapport à sa culture, son identité, ses droits, ses devoirs, aux valeurs républicaines consensuelles. Tout est tellement fragmenté que rien n’est consensuel, et il est là le gros coup bas de l’Etat. En nous dépouillant de notre identité, en ayant pas de mission, d’objectif, de but vers lequel cheminer tous ensemble comme une nation unie, on est tout à fait malléable à souhait. Et c’est ce qui se passe chez nous actuellement.

Quand l’Etat dirige sa haine envers une partie du peuple, elle fait en sorte que les autres trouvent cela normal. En effet ils nous ont tellement divisé que mêmes les assassinats sur la communauté peulh suite aux manifestations ces dernières années peinent à émouvoir les autres ethnies. Et c’est jusqu’à ce point qu’on se retrouve manipulés, on n’est plus vraiment sensibles aux besoins de l’autre, comme si on était de plus en plus dépersonnalisés. Ils nous privent de développement, d’eau, d’électricité, et utilisent notre frustration pour la diriger sur nous-mêmes, on s’accuse, on s’entretue, les assassinats des membres d’une autre collectivité devient acceptable tant que la nôtre n’est pas touchée. La population refuse de catégoriser certains crimes de « crimes ethniques » en pointant du doigt une certaine victimisation.

Chers Guinéens il est temps de se réveiller et de réaliser que le pouvoir n’est pas divin, tout ceci n’est qu’un mythe pour pouvoir nous manipuler, le pouvoir doit être mérité en fonction des attentes que nous exprimerons haut et forts en tant que guinéens. Vous ne pouvez pas risquer vos vies à cause d’une personne, risquez là pour une cause qui vous semble noble, et qui met l’accent sur l’être humain d‘abord. L’investissement sur l’humain est le plus important pour la quête de notre identité politique et sociale.

Elhadj Ousmane Diallo

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